Crise Sanitaire oblige, nous avons du revoir nos plans. Cette première semaine de décembre était normalement dévolue à un séjour pédagogique dans la capitale tchèque ; ça n’a malheureusement pas été pour cette fois.

Impossible n’étant pas tersacais, nous avons tout de même tenté de faire voyager nos élèves à Prague par le biais d’atelier de découvertes culturelles, d’animations scientifiques, de moments festifs autour des traditions et du patrimoine de ce magnifique pays.

Tradition à l’école de Tersac, le lundi matin, nous chantons la Marseillaise et nous levons les couleurs. Malgré le fait que certains élèves aient travaillé l’hymne tchèque avec Mme DA PONTE, nous nous sommes « contentés » de l’hymne français, mais nous avons décidé de faire honneur à la République tchèque en hissant ses couleurs aux côtés du drapeau tricolore.

Aucun pays ne se visite sans passer par la case gastronomie. Nous n’avons pas voulu en faire l’impasse non plus et notre chef, monsieur FAURE a concocté à nos internes un menu en trois plats, typiquement tchèque.

En entrée, une soupe Koulajda, velouté de champignons, de pommes de terre et d’aneth, agrémenté de son œuf poché. En suivant, les élèves ont dégusté un Goulasch traditionnel à base de bière (sans alcool, bien sûr), accompagné de ses patates vapeurs. La touche sucrée consistait en un Strudel, c’est-à-dire un feuilleté aux pommes relevé à la cannelle.

Passons désormais à la case musée ! Mme RICKLIN, notre professeur d’arts plastiques a prévu de faire voyager nos élèves, et non seulement dans ce merveilleux pays, mais aussi dans le temps !

Dans le cadre de l’atelier autour de la République Tchèque, ils sont allés à la rencontre du célèbre Alfons MUCHA, artiste de l’art nouveau.

Le cerne comme expression de l’individualisme moderne

Il s’agissait essentiellement d’expliquer comment MUCHA utilisait le cerne (la ligne) affirmant ainsi l’individualisme dans un contexte d’industrialisation. Un bouleversement notable compte tenu de la volonté jusqu’alors d’exprimer la fusion entre la nature et l’humanité notamment par le biais du sfumato inventé par Leonardo DA VINCI.

De la réclame à l’art nouveau

Nous avons présenté les raisons qui ont conduit MUCHA à concevoir des affiches publicitaires en utilisant la technique de la lithogravure. Ces œuvres sont remarquables par la flamboyance des courbes et arabesques empruntées au monde végétal, la douceur de ces couleurs et la beauté pure de ces figures féminines contrastant avec la sensualité de la Danaé de Gustav KLIMT.

De la réclame à l’art nouveau

Nous avons présenté les raisons qui ont conduit MUCHA à concevoir des affiches publicitaires en utilisant la technique de la lithogravure. Ces œuvres sont remarquables par la flamboyance des courbes et arabesques empruntées au monde végétal, la douceur de ces couleurs et la beauté pure de ces figures féminines contrastant avec la sensualité de la Danaé de Gustav KLIMT.

Plusieurs conférences ont également eu lieu durant la semaine. Les thématiques étaient diverses et variées. Ainsi, Monsieur HOMMET, accompagné par des étudiants de Diderot Eduction Campus, a proposé à nos élèves une visite touristique de la ville de Prague.

Monsieur BALAN, professeur d’histoire-géographie et Madame COUTANT, professeure de Sciences économiques et sociales ont fait une présentation de l’histoire et des enjeux économiques et démographiques de la République tchèque.

Après un retour sur la situation géopolitique des années 60/70/80 (guerre froide, bloc de l’est et influence de L’URSS sur les pays de l’est dont la Tchécoslovaquie fait partie, régimes politiques communistes…) qui empêcha toute intrusion de musique venant de l’ouest, Mme DA PONTE explique comment le pouvoir politique interdit les « happening » (concerts avec effets de son et lumière), les noms de groupes à consonnance anglaise, les paroles en anglais. La police réprime durement le marché noir de vente de disques Anglais (Pink Floyd, Franck Zappa…) et les concerts « underground », par des arrestations, des passages à tabac (du public comme des artistes), des emprisonnements voire des déportations.

En guise d’illustration, elle présente l’histoire du groupe THE PLASTIC PEOPLE OF THE UNIVERSE, persécuté plus de 20 ans par le gouvernement communiste. Ce groupe de rock deviendra malgré lui l’emblème de la contre-culture clandestine de Prague entre 1968 (formation du groupe à l’occasion du printemps de Prague) et 1989 (chute du mur de berlin et démantèlement du bloc de l’est) et participera à la fondation de la CHARTE 77 au côté de Vaclav Havel, charte qui servira de genèse à la révolution de velours (nov/déc 1989).

Retour sur l’histoire de la république tchèque (depuis l’empire Austro-Hongrois jusqu’à la Tchécoslovaquie) et de sa culture, fortement influencée par les Autrichiens, les Allemands.

  • Histoire de l’opéra « DON GIOVANNI » de W.A.MOZART écrit et joué en 1787 à L’Opéra d’État de Prague, dirigé par Mozart lui-même (compositeur Autrichien, langue Allemande).
  • Histoire de B. SMETANA (« la Moldau » 1874) et A. DVORAK (« la symphonie du nouveau monde » 1893) qui œuvreront beaucoup pour la défense de la langue tchèque au travers de leurs créations musicales (opéras en langue tchèque), s’opposant ainsi à la doctrine de l’Empire Austro-Hongrois qui imposait la langue allemande.
  • Histoire de la musique populaire tchèque avec le chant « EJ, LASKO LASKO » (groupe FLAIR), issu des chants traditionnels des régions de Bohème et de Moravie dans lesquels la langue, la culture, les paysages tchèques sont fortement mis en avant, résistant ainsi à l’emprise Austro-Hongroise.

Pour finir, Madame DA PONTE présente la situation actuelle.  Les frontières musicales entre l’est et l’ouest sont tombées en même temps que le mur de Berlin, le 9 novembre 1989. Mais la République Tchèque reste la patrie de la musique classique (et plus symphonique) et Prague le haut lieu de l’opéra (3 sites). Beaucoup de groupes de musique amplifiée ou de rap font encore la part belle aux instruments classiques (essentiellement le violon), comme par exemple les « HOUPACI KONIE » groupe de rock actuel ou LAJOS, CISTYCHOV, quelques exemples de rappeurs.

Monsieur MERLE, professeur de lettres et de philosophie, ainsi que Madame RICKLIN ont consacré un atelier à l’horloge astronomique. Il s’agissait :

  • de montrer l’unité de mécanique : à partir d’un seul temps, d’unifier différents aspects de l’année aux mesures différenciées et de tenir ainsi le spectacle de ce contrôle temporel. Dans les catégories du moyen-âge, spécifiquement dans la querelle du sacerdoce et de l’empire, de l’esprit et du temps, le XVième siècle s’apprête à rendre une réponse humaniste et technique.
  • à partir du logiciel Stellarium, de montrer ce que c’est que l’écliptique et la course du soleil le long de cet équateur là dans l’année ;
  • d’établir le lien entre les 12 heures du jour terrestre, les douze signes zodiacaux de l’âme, les douze apôtres de l’esprit ;
  • de définir les quatre allégories, l’usure et le temps, le narcissisme et la convoitise, afin d’éviter l’iconographie propre aux suites du concile de Latran IV dans le saint-Empire, je me suis focalisé à expliquer surtout la figure avec le miroir et la figure avec le luth qui reprend la distinction de Narcisse et Echo.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Horloge_astronomique_de_Prague#/media/Fichier:Astronomical_Clock_(8341899828).jpg

https://fr.wikipedia.org/wiki/Horloge_astronomique_de_Prague#/media/Fichier:Astronomical_Clock_(8341899828).jpg